On me pose souvent la question de la possibilité de partir faire des treks ou de l’alpinisme en famille, notamment sur le groupe voyager au Kirghizistan. Je suis persuadé que tout le monde peut le faire, il suffit de s’adapter en fonction de son expérience et de ses contraintes, mais cette réponse reste facile pour moi qui n’ai jamais voyagé avec des enfants. C’est pourquoi j’ai demandé à mes copains de la Family Globe Trekker de te parler de leur expérience. Ils voyagent en famille avec leur fils de 6 ans et se sont pris de passion pour l’alpinisme après que Céline a vaincue le cancer.

Qui est la Family Globe Trekker ?

Nous sommes , Mickaël 31 ans, Céline 35 ans et Aiden bientôt 6 ans. Nos voyages riment avec nature, rencontres et solidarité ! La devise de la famille : « On n’abandonne jamais ! » Notre philosophie se traduit par cette petite phrase qui nous guide au quotidien : « on n’a qu’une seule vie, celle que l’on choisit ! alors j’ai choisi de… »

Quelle est l’histoire de la Family Globe Trekker ?

La Family Globe Trekker est née après le cancer de Céline en 2016. Nous étions déjà des baroudeurs amoureux des grands espaces et des rencontres avec différentes cultures. Après la maladie, notre envie de voyager et de grimper s’est faite plus pressante, comme un besoin de se dépasser et se prouver que tout est encore possible.

Pourquoi vouloir conquérir des sommets ?

Le premier était en 2017 à la fin des traitements lourds, le mont Pico Ruivo (Madère, Portugal) situé à 1862m d’altitude. L’ascension n’a pas été facile, mais elle a donné une véritable impulsion. Une fois au-dessus des nuages, nous avons une immense sensation d’accomplissement, et un besoin de vite recommencer. Et le faire à trois avec notre fils est une évidence qui rend le moment encore plus fort. Nous nous aidons et nous motivons les uns les autres pour un objectif commun qui nous unis toujours plus : mettre un pied au sommet ensemble !

Quels sommets avez-vous gravi ?

En 2017 : Le mont Pico Ruivo 1862m à Madère au Portugal.
2018 : le mont Psiloritis 2456m en Crète.
2019 : le Poon Hill 3210m au Népal et le Grand Paradis 4061m en Italie pour Mickaël.
Et le prochain au Sri Lanka en décembre !

Quels vêtements utilisez-vous ?

Nous voyageons toujours léger et uniquement avec des vêtements techniques adaptés à la météo locale. Pour minimiser le poids des sacs, nous appliquons la règle des 3 : 3 hauts, 3 bas, 3 sous-vêtements par personne. Et une bonne paire de chaussures de randonnée adaptée au climat et au terrain. Avoir des vêtements adaptés est essentiel pour ne pas souffrir du chaud ou du froid alors il ne faut pas hésiter à investir !

(pour les assurances voyages, n’hésite pas à te référer à l’article de Georges-Michel sur les assurances de cartes bancaires.)

Est-ce plus compliqué de voyager avec un enfant, comment vous organisez-vous ?

Compliqué, non. Ce serait sans doute plus facile entre adultes, mais ce dépassement de soi est une valeur que nous voulons partager avec notre fils. Ça demande un minimum de préparation pour s’assurer que les sentiers soient praticables car il n’est pas question de lui faire prendre un risque. Une fois cette précaution prise, nous en parlons ensemble pour qu’il s’y prépare mentalement aussi, nous lui montrons des images de l’endroit où nous allons, lui parlons de la culture et du pays. Tout ceci l’aide beaucoup à ne pas avoir d’appréhension. Côté pratique, Aiden marche déjà très bien et nous n’hésitons pas à faire des temps de pause. Et quand il ne veut plus marcher, Mickaël le porte avec un sac adapté.

Et la maladie dans tout ça ?

Aujourd’hui Céline va bien, elle n’a pas récupéré toute sa forme mais assez d’énergie et d’envie pour grimper. La maladie ne fait pas partie de notre quotidien et n’est pas un frein à nos voyages. Au contraire, ça nous donne envie de nous prouver que nous sommes plus vivants que jamais, et que même après un cancer, nous pouvons continuer à nous dépasser !

De l’humanitaire, oui mais comment ?

C’est en préparant notre trek au Népal que tout a pris un sens. Nous ne pouvions pas passer à côté d’une population encore blessée par les tremblements de terre sans agir. Tout s’est fait naturellement. Nous n’avions que très peu de bagages alors que les franchises de nos billets d’avion nous permettaient d’emporter beaucoup plus. Nous avons donc décidé d’organiser une collecte de fournitures scolaires que nous avons distribuées directement dans une école en périphérie de Katmandou. En parallèle, notre entourage voulait participer financièrement à notre action. Nous avons donc ouvert une cagnotte pour financer la scolarité de deux enfants que nous suivons toujours. Cette première expérience nous a convaincu ! Nous pouvons tous agir à notre niveau, il suffit de se lancer et de choisir la manière de le faire. Ça ne prend pas nécessairement beaucoup de temps, mais ça fait une vraie différence pour les autres et pour soi. C’est un accomplissement personnel qui donne du sens à notre existence !

Bientôt d’autres projets ?

Nous partons au Sri Lanka en décembre pour un voyage en tuk-tuk. A nouveau nous grimperons un sommet, 2243m en famille. Pour le côté solidaire, nous avons créé un partenariat entre l’école de notre fils et une école locale. Nous avons organisé une collecte de fournitures scolaires avec l’école en France et que nous irons distribuer nous-même. Ensuite, nous aimerions partir dans des terres encore plus inconnues. Le Kirghizistan fait partie de nos favoris !

Et pour finir, une anecdote de vos aventures à nous révéler ?

On pourrait parler de la séance de danse improvisée avec des népalaises coincées dans les travaux routiers, ou de la rencontre improbable avec un peintre sur œuf à Bali…mais l’anecdote qui nous a le plus marqué s’est passée après l’ascension du Mont Psilorotis en Crète. Une erreur de débutant en suivant notre gps plutôt que de reprendre le sentier de l’ascension nous a valu de nous retrouver au pied sud de la montagne alors que notre voiture était à l’ouest ! et bien sûr, nous n’avions pas de réseau téléphonique et presque plus de batterie. Un échange avec un crétois ne parlant pas anglais et juste nos mains pour faire comprendre notre erreur nous a confirmé que nous étions perdus à 1h30 de voiture au soleil couchant ! Après plusieurs échanges incompréhensibles, il nous fait signe de monter dans une voiture pour nous déposer au village suivant et nous permettre de contacter un taxi, sachant que cela lui faisait faire un détour sur son trajet initial. Arrivés au village, nous sommes surpris car notre chauffeur ne s’arrête pas et poursuit la route…jusqu’à notre voiture ! Alors que nous voulons le dédommager pour ce trajet, il refuse catégoriquement et nous remercie. Il nous explique que notre rencontre est arrivée sur son chemin pour le mener jusqu’ici et que grâce à nous il a découvert un endroit magnifique. Et il s’en est allé prendre des photos de la vue du parking. Une belle leçon de vie et une inspiration pour la suite de nos aventures !

Merci à Aiden, Céline et Mickaël pour ce témoignage inspirant. De ton côté, as-tu déjà gravi des sommets en famille ? Si tu as des questions, des conseils n’hésite pas à les laisser en commentaire.